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Affichage des articles du janvier, 2026

Désir et impuissance ; beau, intelligent, original

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Minjung Kim Mountain (2014) encre sur papier Hanji mûrier Je voudrais écrire des choses belles, intelligentes et originales. Ca commence mal: cette phrase n'est ni belle, ni intelligente, ni originale. Désir et impuissance. Même l'ordre des priorités me pose problème: beau d'abord? Oui sans doute. Alors quelle est la phrase la plus belle que vous connaissiez? Pas facile hein? En me posant la question, je me rends compte que ce n'est pas ce critère que je mets en avant. Je n'ai aucune phrase belle à sortir de mon chapeau de petit poète et ancien lecteur (je ne lis plus, hélas). L'intelligence, n'en parlons pas, elle est impossible à définir. Reste sans doute l'originalité de la vision. C'est peut-être cet angle-là qui est primordial quand tout a été dit.  Ainsi, la fin de Nocturne de Léon-Paul Fargue me plonge toujours dans d'étranges transes et le poème tout entier me fait frissonner: Et peut-être qu’un jour, pour de nouveaux amis, Dieu tiendra...

Double sens de l'amour

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Tracy Emin - For You (2008) - I Felt You And I Knew You Loved Me, lettres au néon, cathédrale de Liverpool La phrase de Tracy Emin au néon dans la cathédrale de Liverpool dit : "I felt you and I knew that you loved me". Et comme je suis un très mauvais angliciste et je ne sais pas pourquoi, je l'ai immédiatement traduit par :  " J'ai senti que toi et moi savions que tu m'aimais". J'ai donc été très déçu quand les anglicistes distingués m'ont dit que ce n'était pas possible car elle aurait dit alors "I knew that..." Donc cette phrase veut bêtement dire :  "Je t'ai senti et j'ai su que tu  m'aimais".  La seule rêverie possible restant sur le mot "sentir" qu'on peut imaginer au sens littéral ou figuré. C'est dommage j'aimais bien ma mauvaise traduction, je la trouvais plus subtile...

La mort, éternel sujet

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Anne Truitt - Arundel XI (1974) Que dire sur la mort qui n’a pas déjà été dit ? Depuis la naissance de la vie, tout le monde parle de la mort, même moi d’ailleurs, dans le poème « jour de mon enterrement » ou dans le récent « les voiles de la nuit ». Que peut-on ajouter d’intelligent aux discours des philosophes, scientifiques, athées et autres croyants ? Rien. Essayons quand même avec ma voix d’écrivain. Parce que comme dit Gerhard Richter en parlant de l’art en général : « Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs. » Ce que je dis, personne ne l’a dit avant moi, puisque c’est moi qui le dis. Donc « la mort : pour...