Je me suis longtemps cru génial (oui, je sais, je n'aurais pas dû) mais, même à cette époque où j'étais le roi du monde, je cachais un seul complexe, celui de la philosophie. Les équations, les romans d'amour, l'univers en expansion, les marchs de rugby, tout ces mondes me faisaient trépigner de joie mais la philosophie ! Je me sentais incapable d'en lire des textes, même des extraits, dès qu'ils devenaient compliqués. À leur lecture, je sentais mon cerveau se liquéfier. Avec les ans, ma perception n'a pas changé, elle est même devenue radicale et c'est normal : quand on ne comprend pas, on rejette. Je dirai même plus, on s'oppose: si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi. Puis, je me suis intéressé à l'art, sur le tard de ma vie (quel imbécile!) et j'ai commencé à ressentir, d'une part, qu'effectivement je n'étais pas génial - ce fut un dur moment mais oui, merci, je m'en suis sorti, ne parlons plus de moi - et, d...