Critique de la phénoménologie

Je me suis longtemps cru génial (oui, je sais, je n'aurais pas dû) mais, même à cette époque où j'étais le roi du monde, je cachais un seul complexe, celui de la philosophie. Les équations, les romans d'amour, l'univers en expansion, les marchs de rugby, tout ces mondes me faisaient trépigner de joie mais la philosophie !  Je me sentais incapable d'en lire des textes, même des extraits, dès qu'ils devenaient compliqués. À leur lecture, je sentais mon cerveau se liquéfier. Avec les ans, ma perception n'a pas changé, elle est même devenue radicale et c'est normal : quand on ne comprend pas, on rejette. Je dirai même plus, on s'oppose: si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi. 

Puis, je me suis intéressé à l'art, sur le tard de ma vie (quel imbécile!)  et j'ai commencé à ressentir, d'une part,  qu'effectivement je n'étais pas génial - ce fut un dur moment mais oui, merci,  je m'en suis sorti, ne parlons plus de moi - et, d'autre part, qu'il se passait des choses bizarres dans la relation de l'homme à la beauté - oui, je sais, ce sera un autre débat : l'art peut-il être laid?  Aujourd'hui considérons que l'art est l'émotion esthétique provoquée par la beauté - .

Donc, de pensée en point d'interrogation, je tombe forcément sur les concepts de la phénoménologie (déjà ce mot, essayez de le dire vite, imprononçable !...) de Merleau-Ponty et, là, malheur !...  Je retombe sur mes affres d'antan. Mais, désormais vieux roublard, je réagis aussitôt : pourquoi donc dire les choses de manière si compliquée, quand elles sont évidentes? Bien évidemment il y la chose, son concept et son apparence ! On dirait les digressions des sémiologues et des linguistes sur le signifiant et le signifié, qui m'ont amusé jusqu'à ce que je me dise : so what? Bien sûr, le mot est unique dans le dictionnaire, maison, mais il existe des millions de maisons de par le monde et peut-être même ailleurs. Et, en plus, il y a maison et maison, si vous voyez ce que je veux dire...

Bref, on discute on discute, tout çà pour faire de belles phrases sur "l'épaisseur de l'eau" et la "vision onduleuse" (L'Oeil et L'Esprit, Maurice Merleau-Ponty). So what ?...

Bon, allez, je vais quand même essayer de lire cet ouvrage ainsi que le chapitre "Le doute de Cézanne" dans "Sens et non-sens" (nous voilà bien !) du même auteur. Et, promis, si je comprends quelque chose, j'en écrirai une fiche de lecture pour les nuls.

En attendant, donnez du sens à votre vie, promenez-vous dans les poèmes et les collections d'art d'Amavero, sans vous poser de questions !

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Désir et impuissance ; beau, intelligent, original

Les souvenirs remontent à la surface comme des iules